Six signes que votre cheval a le dos tendu
Aucun de ces signes ne dit ce qui se passe. Tous disent qu'il se passe quelque chose, et qu'il vaut mieux le regarder maintenant que dans trois mois.
Le dos d'un cheval ne prévient pas d'un coup. Il se tend progressivement, et le cheval s'organise autour : il compense, il évite, il s'économise. Quand le propriétaire s'en aperçoit, la tension est souvent installée depuis un moment. La bonne nouvelle, c'est que les signaux sont visibles bien avant, à condition de savoir où regarder. Voici les six que je retrouve le plus souvent chez les chevaux du Tarn-et-Garonne.
1. Il creuse au passage de l'étrille
Vous passez l'étrille sur le rein ou le long de la colonne, et il descend le dos, il se dérobe, il couche une oreille. Un cheval détendu accepte le pansage sans se recroqueviller. Attention toutefois : certains chevaux sont simplement chatouilleux, et l'ont toujours été. Ce qui compte, c'est le changement. S'il acceptait hier ce qu'il refuse aujourd'hui, notez-le.
2. Il bouge au montoir
Il avance, il se décale, il pivote au moment précis où vous mettez le pied à l'étrier. Beaucoup de propriétaires mettent ça sur le compte de l'impatience. C'est parfois vrai. Mais un cheval qui anticipe une gêne au moment de la mise en selle bouge aussi pour éviter le poids qui arrive sur un dos déjà tendu.
3. Le passage de sangle devient une négociation
Il gonfle, il pince, il tourne la tête vers vous, il mordille. Là encore, il faut lire l'évolution : un cheval qui a toujours été chatouilleux à la sangle n'est pas un cheval qui change. Un cheval calme qui se met soudain à protester, si.
4. Les premières foulées sont plus courtes
Au départ, il avance à petits pas, comme s'il se déroulait lentement, puis ça s'améliore au bout de dix minutes. C'est un des signaux les plus fiables et les plus négligés, parce qu'il disparaît vite. Prenez l'habitude de regarder ses trois ou quatre premières foulées après le box, tous les jours : c'est gratuit et très informatif.
5. Une incurvation qui ne vient plus d'un côté
Il tourne bien à main gauche et se raidit à main droite, ou l'inverse. Tous les chevaux ont un côté préféré, comme nous avons une main directrice. Ce qui doit vous alerter, c'est l'écart qui se creuse : un cheval qui devient franchement asymétrique alors qu'il ne l'était pas.
6. Il se ferme dans le travail
Il fait ce qu'on lui demande, mais sans y être. Il s'agace sur des exercices qu'il donnait, il refuse une épaule en dedans qu'il proposait tout seul le mois dernier. Un cheval qui se ferme est rarement un cheval qui a décidé de mal faire. C'est souvent un cheval qui a mal quelque part, ou qui a peur d'avoir mal.
Ce qu'il faut en faire
D'abord, ne pas conclure. Un dos tendu peut venir d'une selle qui ne va plus, d'un travail trop répétitif, d'un sol lourd en hiver, d'une dentition qui gêne, d'un pied déséquilibré, ou d'une cause qui relève entièrement du vétérinaire. Un praticien en shiatsu équin ne fait pas ce tri : ce n'est ni son métier ni son droit.
L'ordre qui marche : si quelque chose vous inquiète, ou si vous voyez une boiterie, une plaie, une baisse d'état, vous appelez le vétérinaire. Ensuite, on regarde la selle et le maréchal. Et quand tout ça est en ordre, le shiatsu a toute sa place pour accompagner un cheval qui a besoin de relâcher, dans la durée.
Le meilleur outil reste votre œil. Vous voyez votre cheval tous les jours : personne n'est mieux placé pour repérer ce qui change.
Le shiatsu équin est une pratique de bien-être. Il ne constitue pas un acte de médecine ou de chirurgie vétérinaire, n'établit aucun diagnostic et ne se substitue jamais à l'avis, à l'examen ou au traitement d'un vétérinaire.